samedi 24 novembre 2012

SVN

Le monde du logiciel est au coeur de la transformation du monde, et pas seulement de l'entreprise. On connaît les "anonymous" et l'imagerie de hackers révolutionnaires qu'ils véhiculent. J'aimerais attirer l'attention sur une autre dimension, moins connue, plus paisible : la manière dont les développeurs stockent et partagent le code source des logiciels qu'ils écrivent, et comment leur représentation du monde en est affectée. Il existe plusieurs outils liés à cette pratique, l'un d'entre eux, très utilisé encore même si d'autres vont le remplacer, s'appelle SVN.

Les développeurs parmi vous peuvent vaquer, ils ne vont rien apprendre. Pour les autres, il faut savoir que la production de logiciel s'apparente à l'écriture de textes dans une langue étrangère dont la grammaire serait particulièrement pointilleuse et les lecteurs -comprendre les ordinateurs- particulièrement vifs et stupides à la fois. Comment peut-on être vif et stupide à la fois ? Et bien disons que cela consiste à lire très vite et comprendre très sûrement mais sans avoir aucune distance, aucun second degré, aucune propension à l'ironie, aucun sens de l'ellipse ou du sous-entendu. Notez que cela n'exclu pas une certaine aptitude poétique, plutôt dans la catégorie surréaliste, et une tendance à refuser de comprendre certaines phrases pourtant claires avec une obstination sadique. C'est la raison pour laquelle les textes doivent être repris, modifiés, corrigés à de nombreuses reprises : cent fois sur l'écran l'informaticien remet son ouvrage.

Il faut reconnaître pourtant aux machines un grand sens de l'équité : ils traitent de façon parfaitement impartiale les auteurs, et la même consigne donnée par des personnes différentes sera interprétée de la même façon. Seulement voilà, les textes en question, qu'on appelle communément le code source, sont élaborés presque toujours à plusieurs, et donc en plus des machines, d'autres hommes vont relire le code produit par un auteur donné. Or pour en être confrères, ces relecteurs n'en sont pas moins hommes et ils n'hésiteront pas, eux, à interpréter de travers, à commettre des erreurs dans leur propre partie puis à faire preuve de mauvaise foi vis à vis les uns des autres. Comment identifier clairement les responsabilités ?

C'est là que l'outil SVN intervient. Il va garder la trace de toutes les modifications apportées au code source depuis l'origine des temps, en se souvenant du jour, de l'heure, de la seconde de chacune de ces modifications, mais aussi de leurs auteurs sans aucun doute possible. Ainsi est-il possible, si besoin, de détricoter l'énorme travail collectif que constitue souvent un programme informatique, et de revenir, par exemple, à une version donnée pourvu que l'on en donne la date précise. Grâce à cet outil, les auteurs, sans même parfois ne s'être jamais vus car habitant à des milliers de kilomètres les uns des autres, se reconnaissent et s'estiment : untel écrit vite mais de façon illisible, untel produit peu de code mais d'excellente qualité, tel autre encore a des idées brillantes mais génère du code peu stable. Les réputations se font car la moindre incise sur l'oeuvre collective est signée, comme l'étaient par les tailleurs de pierre chaque bloc du château en construction.

Tel le châtelain, le manager se soucie peu de ces graffiti qui sont invisibles sur le produit fini. Il peut penser que chaque développeur est interchangeable. Il ne voit pas qu'émerge par des outils qui lui sont souvent inconnus une conscience des individus sur leur propre valeur, leur force, leur complémentarité, leur style même. Et plus les oeuvres sont collectives, larges, et plus le phénomène s'accentue : un réseau souterrain et informel relie ces individus, et un champignon sort parfois au grand jour, comme par exemple ici

En résumé, les développeurs sont des artisans, et les outils comme SVN, créés pour des raisons pratiques, leur permettent de revendiquer un statut d'auteur, et de là une connaissance et une reconnaissance de leur oeuvre. Avec internet, leur réseau informel s'élargit et ils prennent conscience de leur importance, ils se parlent directement, en langage humain. Ils sont dangereux. Il faudrait les arrêter mais comment remettre de l'opacité dans le système ? Comment aller effacer ces signatures qui donnent aux mutins potentiels tant d'assurance ? Il faudrait modifier le système, il faudrait demander... à des développeurs. Argh, nous sommes faits !

Oh, j'allais oublier : que signifie SVN ? Ce n'est pas un acronyme, mais un condensé pour "Subversion". Et ça, ça ne s'invente pas...

mardi 13 novembre 2012

T'as fait ton reporting ?


Hier, aéroport d'Orly, un homme et une femme, habillés d'anthracite, sont assis dans mon dos et attendent la navette de 6h50, silencieux et moroses. Tout soudain il lance :

- t'as fait ton reporting ?
- quel reporting ?
- il faut refaire des reportings hebdos.
- on n'en fait plus avec la CRM.
- oui mais ils ont décidé, en codir...
- qui ? de toutes façons je reçois plus les CR de codir.
- Jean X. C'est dans les minutes.
- je les ai plus, les minutes.

Dernier appel pour Marseille. Un ange passe, le temps pour la jeune femme en tailleur de ruminer la nouvelle. Elle demande avec aigreur :

- et ils veulent quoi dans ce reporting ?
- tout. les visites clients, les ventes...
- mais c'est débile ! ils l'ont dans le CRM, ils n'ont qu'à se connecter !
- ... et nos commentaires.
- ça fait des mois qu'on leur demande de mettre des champs commentaires dans le CRM.
- c'est même moi qui ai demandé, j'en sais quelque chose.
- c'est débile.
- tu fais comme moi, tu fais des copier-coller. De toutes façons, ça va faire comme avant : ils vont pas le lire.
- ça sert à rien, c'est super débile.

Nos routes se séparent là, sans que j'ai osé m'immiscer et répondre à la commerciale rebelle : bien sur que si, cela sert à quelque chose ! 

Certes, la fonction première du reporting n'est plus le partage d'information. A l'ère d'internet le "pull" est plus pertinent que le "push". Il y a en effet beaucoup plus de données que l'on n'en peut traiter, et le mode butineur remplace le mode collecteur dans toute organisation soucieuse d'efficacité. Mais personne n'a dit -à part quelques chroniqueurs des marchés qui croient encore à la rationalité des acteurs économiques- que l'enjeu principal d'une organisation était d'optimiser son efficacité.

L'enjeu principal d'une large partie des décisions prises dans ces organisations est la conquête ou la préservation des positions hiérarchiques, et de ce point de vue le reporting est parfaitement logique. Il marque le lien de subordination comme le joug marque l'animal de bât. Ainsi, une fois par semaine au minimum, vous faites acte d'allégeance à votre supérieur, qui lui même ploie le genou devant son chef, etc. Dans un monde où on pourrait se mettre à douter de la valeur ajoutée du management, ça n'a pas de prix. 

Je ne sais pas si j'aurais convaincu la dame, mais reconnaissez que c'est toujours rassurant de savoir que ce que l'on fait a un sens pour une personne au moins.


samedi 10 novembre 2012

IMPORTANT - communiqué du ministère

Dans le cadre de la reprise en main de la blogosphère par les autorités compétentes, tous les blogs et forums traitant de l'organisation des entreprises et des administrations ont été mis sous l'égide du ministère du redressement productif, sous-secrétariat d'état au bon sens. A ce titre on me prie instamment de publier le communiqué suivant, sans en modifier une virgule, ce que je m'empresse de faire étant trop conscient des enjeux en ces temps d'orage économique.


DECRET Décret n° 2012-6666 du 09 novembre 2012 relatif à l'utilisation des supports de présentation électronique dans les entreprises et les administrations publiques du fait de la crise économique 
NOR: PPT0906666Z
Le Premier ministre,
Sur le rapport de la ministre du redressement productif,
Vu les pires présentations produites, notamment ici ,
Vu le manque de corrélation évidente entre le nombre de transparents produits par une organisation et son efficacité ; 
Vu les missions du ministère relatives au orientations stratégiques industrielles et le suivi des secteurs industriels et des services ; 

Décrète :
  • Article 1
    1. Fait l'objet du décret toute présentation électronique à vocation interne ou externe, rédigée par l'entremise d'un logiciel de type PowerPoint(tm), Keynote (tm), Impress (tm), ou de tout outil présentant des caractéristiques similaires.
    2. Chaque présentation devra afficher sur sa première page comme sur sa dernière page l'un des messages proposé au titre de l'article deux du présent décret, en respectant les modalités de mise en oeuvre imposées dans ce même article. 
    3. Ces pages devront, en cas de présentation en séance, être projetées pendant au moins trois minutes chacune.
    Article 2

    1. Les messages autorisés sont les suivants : "L'abus de Powerpoint nuit gravement à la productivité", "Les slides tuent les entreprises", "Une présentation n'est pas la réalité", "Les transparents empoisonnent le jugement". 
    2. Ces messages devront occuper un espace de 50% (cinquante pour cent) de la page concernée, et ils devront figurer en caractères noirs sur fond blanc, dans une fonte neutre et lisible, et dans une casse 36 (trente-six) au minimum.
  • Article 3

    Tout contrevenant verra, selon le cas et à l'appréciation du ministère, sa part variable, son bonus, ses avantages en nature (jetons café, carte de photocopieur, miles) réduits de 1% par page des présentations n'ayant pas répondues aux exigences du présent décret. Les fonds ainsi collectés seront versés à la Banque Publique d'Investissement, dans des modalités décrites via une présentation Powerpoint qui suivra rapidement la promulgation de ce décret.

    Annexe


lundi 5 novembre 2012

Le chevalier et le qualiticien

Un collègue m'a recommandé un livre que j'ai fort apprécié, et que je vous recommande à mon tour : La revanche du rameur, du docteur Dominique Dupagne. L'auteur explique mieux que je ne pourrais le faire son propos ici.

Il a, entre autres choses, une approche très intéressante de la Qualité. On connaît tous le caractère souvent absurde et kafkaien des démarches qualité, mais on trouve ici une explication plus systématique de la raison d'être insidieuse de ces procédures, alors même que notre expérience nous dit qu'elles sont la plupart du temps improductives. Et en plus il raconte la blague de la cuillère et du serveur, parabole drolatique de la démarche qualiticienne, mais que je ne dévoilerai pas ici.

Je peux par contre illustrer le sujet avec une anecdote vraie que ce livre m'a remis en mémoire. N'étant pas des plus convaincus, vous l'aurez compris, de l'intérêt de procédures qualité génériques et rigides dans une activité complexe et mouvante, je n'incite en général que mollement -euphémisme- mes collègues à se plier à l'exercice.

Il y a un an de cela, au détour d'un couloir - nous avons la chance d'être très bien pourvus en couloirs- une jeune femme - appelons la Sidonie - m'interpelle au sujet d'un collaborateur mien - appelons le Gaspard - qui n'aurait pas sacrifié au rite de la saisie d'indicateurs sur ses projets. "C'est embêtant", me dit-elle, "parce que ça m'empêche de compléter mon tableau". Je compatis, rassure, oublie aussitôt.

Quelques jours plus tard, je retrouve Sidonie, cette fois pas par hasard. Elle est venue à moi pour réitérer ses griefs à l'encontre de Gaspard. Je commence une tirade sur les priorités de la vraie vie, mais je me rend vite compte que Sidonie est en détresse : elle se tord les mains et ses yeux brillent. Nous sommes programmés génétiquement pour réagir avec empathie aux sécrétions lacrymales, et quand Sidonie m'avoue "moi, je comprends, mais mon chef va crier si mon tableau n'est pas rempli", je réagis en preux chevalier et propose d'affronter le dragon -pardon le chef- pour peu qu'il accepte de venir dans mon bureau.

Le jour du combat venu, Sidonie est assise, muette et effacée à côté du persécuteur. Ce dernier attaque bille en tête et Excel au poing : "voilà, le projet X, l'indicateur QS, n'est pas saisi, et ce n'est pas la première fois". Etant l'offensé, j'ai le choix des armes, et je choisis le sens. "C'est certain, la case est vide, et nous allons y remédier, mais peux-tu m'aider à préparer l'argumentaire que je vais proposer à Gaspard en me disant pourquoi il faut remplir cette case ?". Déstabilisé -pourquoi diable un chef aurait-il besoin d'expliquer ses ordres ?- mon opposant marque un léger recul et réplique "et bien pour que l'onglet QS du trimestre soit complet". Imparable, pense-t-il. Je marche et estoque d'un second pourquoi "ah, je vois, et pourquoi est-il important que l'onglet soit complet ?". Le chef ès qualité cède à nouveau du terrain "mais sinon la liasse n'est pas complète, et là, tu vois" - il clique sur l'onglet le plus à droite du tableau - "la synthèse ne se fait pas". La ligne qu'il pointe du doigt est surlignée en rouge sang, preuve évidente à ses yeux de la gravité de la situation. Il se redresse un peu, sûr d'avoir touché. J'esquisse une quinte italienne pour passer au dessus du bouclier numérique "effectivement ; et ensuite, qui utilise ces chiffres ?". Il est acculé mais retrouve du courage "mais c'est un indicateur groupe !". On touche au sacré, là, et il est convaincu que je vais reprendre mes esprits et me rendre. Mais j'insiste encore "et à quoi sert cet indicateur groupe ?". Hélas, emporté par mon élan vengeur, j'ai trop négligé ma garde, je ne vois pas venir le coup bas. Il assène "ça entre dans le calcul de la part variable collective". Touché à la bourse, ce n'est pas glorieux, mais je n'en mets pas moins un genou à terre.

A ce moment, dans un film de série B, quand le méchant s'apprête à achever le héros au sol, ses yeux deviennent vitreux et il bascule sur le côté, laissant apparaître la princesse hagarde, dague ensanglantée en main. C'est à peu près ce qui arriva, quand Sidonie, sortant de son mutisme, souffla "oui mais eux ce sont des projets de type Z, ça ne rentre plus dans le calcul". Blessée, bredouillant un "bon, malgré tout, je te fais confiance pour relancer Gaspard" auquel elle ne croit pas elle-même, la bête se retire, suivie d'une Sidonie contrite. Cette dernière revient quelque minutes plus tard, pour me laisser l'équivalent moderne du mouchoir brodé des dames du temps jadis : son CV.

Une bataille n'est pas la guerre toutefois, et la Qualité est une hydre qui se moque des réorganisations comme de la réalité, on ne s'en débarrasse pas comme ça. Et grâce à La revanche du rameur, vous saurez pourquoi.




dimanche 4 novembre 2012

Vertige des verticales

Si vous travaillez comme moi dans une grande structure hiérarchisée, qu'elle soit publique ou privée, vous pouvez vous adonner à un petit jeu innocent et gratuit. Enfin gratuit plus certainement qu'innocent. Il s'agit de noter les citations se référant au champ sémantique de la verticalité dans les discussions professionnelles autour de vous. Il faut qu'elles soient vraies, sinon ce n'est pas du sport. 

Florilège à la Edmond Rostand :


Résigné "en haut ils ne se rendent pas compte". Circulatoire "l'info est pas redescendue, du coup on a remonté l'alerte". Algébrique "mon n+1 a parlé à son n+2". Météorologique "ça va nous retomber en pluie fine". Pleutre "moi je suis d'accord, mais dessous ça va râler". Mystique "le Président va descendre sur le site". Comptable "je perds un niveau dans l'histoire". Franglais "il faut plus d'initiatives bottom-up et moins de top-down". Montagnard "il a escaladé le dossier direct". Campagnard "descendez mettre les pieds dans la glaise". Marin "oh nous, on est dans la dans la cale".  Immobilier "ça va gueuler au dernier étage". Géométrique "le sommet de la pyramide est étroit". Désabusé "tu l'intéresses pas, il ne regarde que vers le haut". Sportif "j'ai tous mes chefs sur les épaules". Hydrologique "l'info n'a pas cascadé partout". Best-of "il a pris un niveau mais l'altitude lui a donné le vertige, il a préféré redescendre".
Essayez de prendre le coup, je suis sûr que vous allez en entendre plein d'autres, la frustration aiguise en général le sens de la métaphore, et si la machine à café pouvait parler elle saurait faire des tirades plus longues que celle des nez.
Et alors, me direz vous, ton jeu ne sert à rien d'autre que de nous faire redécouvrir l'eau tiède ; c'est comme cela depuis toujours, et ça le restera, on vit dans un monde hiérarchique, c'est aussi vrai et immuable que le soleil tourne autour de la terre.
Je vous objecterais d'abord que votre remarque n'est pas très gentille, et ensuite que je pense justement que le monde change depuis quelques années et que ce sont en partie nos certitudes sur ce sujet de la verticalité des organisations qui nous empêchent de mesurer à quel point. La révolution copernicienne est entamée.
Notre aspiration aux cieux est telle que l'on voit des verticales partout. On en est tellement imbibé qu'on ne s'en rend plus compte. Sauf, cela va de soi, à pratiquer ce petit jeu. Et à faire un pas... de côté.

samedi 3 novembre 2012

Les abeilles de la direction


C'est une anecdote tellement poétique, je ne résisterais pas à la partager quand bien même on n'en pourrait tirer aucune morale.

Parmi les questions mensuelles des représentants du personnel du groupe où j'officie, l'une d'elle intrigue qui dit en substance : "que prévoyez vous de faire dans le cas où un salarié serait piqué par les abeilles de la direction ?".

Le surréalisme de la requête trouve en fait une explication autre que métaphorique. Il a été en effet proposé de mettre des ruches sur le toit de certains sites, suite à une initiative plutôt sympathique pour protéger l'espèce et favoriser la pollinisation en ville.

Manque de concertation ou d'information, inquiétude d'un salarié allergique, entomophobie, peu importe ce qui a suscité cette question sur le fond. La forme par contre interpelle : les abeilles de la direction. Ces zélées ouvrières auraient ainsi trahi la cause sociale en se rangeant derrière le patronat.

Paradoxal pour des insectes sociaux, mais pas si surprenant que cela quand on connaît leurs penchants monarchistes. Et puis on sait bien que les derniers étages sont dévolus aux chefs, donc vous pensez bien que d'habiter sur le toit signe une accointance avec les plus hautes sphères de l'entreprise. Ce n'est certainement pas un hasard si semblable initiative proposant d'introduire des lombrics sur les pelouses n'a pas vue le jour.

La question qui vient à l'esprit immédiatement est : en cas de piqûre, comment savoir si la coupable est bien issue de la ruche alliée objective de l'encadrement, auquel cas son crime devra faire l'objet de poursuites aux prud'hommes, ou bien si elle vient d'une ruche sauvage, et donc relèvera du droit civil ?

La seule solution serait évidemment de faire intervenir la police scientifique. Car comme dans son geste désespéré l'abeille laisse à la victime une partie de son anatomie, d'une part, et que les abeilles d'une même ruche sont toutes issues d'une même mère d'autre part, il serait facile de procéder à un test ADN qui démontrerait de façon irréfutable l'origine de la petite kamikaze.

D'ailleurs je suppose que la perspective de cette traçabilité n'aura pas échappée aux machiavels de la direction, ceux là qui réfléchissent sans cesse aux possibles vexations à infliger aux salariés, et que par conséquent, si l'initiative venait vraiment d'eux, ils auraient plutôt retenu l'idée des nids de frelons. 

Ceux-ci n'abandonnent en effet pas sur place l'arme du crime, affichent une couleur jaune plus conforme au rôle de vendu au patron, et enfin présentent les avantages compétitifs de la délocalisation pourvu qu'ils soient asiatiques.

Et pendant ce temps là, le monde poursuit sa mue.