dimanche 25 août 2013

Les crétins parlent aux stupides

Je vous recommande une dernière lecture de vacances, pour ceux qui y sont encore. Cela s'appelle les lois fondamentales de la stupidité humaine, de Carlo M. Cipolla, et cela se trouve aux Presses Universitaires. C'est à la fois très court -et n'hypothéquera donc pas le temps de la sieste- et c'est un bon défouloir avant de reprendre les choses sérieuses.

Le propos est à la fois simple et implacable : en considérant deux axes, le premier tenant compte de la valeur produite ou détruite pour autrui, le second celle produite ou détruite pour soi même, l'auteur classe l'humanité en quatre quadrants : les intelligents, qui créent une valeur positive pour eux-mêmes et pour les autres, les bandits, qui crée de la valeur pour eux-mêmes au détriment des autres, les crétins qui apportent aux autres à leur propre détriment, et enfin les stupides, qui oeuvrent à pourrir la vie des autres sans que cela ne leur rapporte rien, voire même alors que cela leur coûte aussi.

L'une des lois énoncée dans l'ouvrage est la remarquable constance du taux de stupides quelque soit l'environnement culturel, social ou professionnel considéré. Une autre est que ce taux constant est toujours plus élevé qu'on ne l'imagine. J'en tire le triste corollaire que, inéluctablement, on retrouve un taux élevé de stupides dans le management. Et par conséquent, on doit donc admettre que la valeur produite par les décisions du management en général est grandement impactée par les décisions stupides. Peut-on amortir cet effet néfaste ? Hélas la vision du regretté professeur Cipolla est bien sombre à ce sujet.

Faisons donc intervenir un autre considérable penseur, en la personne de Will Rogers, qui nous affirme que "si c'est la stupidité qui nous a mis dans ce pétrin, pourquoi ne pourrait-elle pas nous en sortir ?". C'est l'illumination. La dangerosité de la stupidité vient de son caractère irrationnel, et donc imprévisible. Face à un stupide, tout effort d'anticipation est voué à l'échec, et la meilleure posture consiste donc à adopter une décision stupide parfaite car exempte de toute réflexion. En clair, dans une telle situation, répondez n'importe quoi du tac au tac. Formulons donc la loi dite de Cipolla-Rogers : en environnement stupide, la décision optimale est la décision aléatoire car elle est statistiquement la meilleure et opérationnellement la plus rapide à mettre en oeuvre.

Après la théorie, la pratique : si vous vous trouvez à devoir vous prononcer dans un contexte éminemment stupide, utilisez mon service en ligne gratuit, fruit d'un effort de recherche et développement sans précédent ; ça se trouve ici. Ne me remerciez pas, je fais pour ma part partie des parfaits crétins.