dimanche 27 septembre 2015

Gâteaux gâteaux

Où te caches-tu, monstre hideux ? Dans quel odieux cloaque suintant as-tu pris refuge ? Dans quel bouge sinistre et puant célèbres-tu tes méfaits ? Faut-il que ton enfance ait-été épouvantable pour que tu ais accumulé tant de haine, ou qu'aucune de tes amours  adolescentes n'ait été payée de retour, ou les deux à la fois. Oui, décidément, tu dois être bien laid.

J'entends déjà la litanie des bien-pensants, ceux qui te trouveront des excuses. "Il n'a pas pensé à mal, il voulait bien faire". Ben voyons. Toi et moi savons que l'incompétence la plus crasse ne saurait expliquer l'étendue du désastre. Oh, je ne dis pas que tu sois un génie du mal, qui aurait tout anticipé, non. Tu dois être plutôt comme ces pyromanes dépassés par l'incendie qu'ils ont allumé. Tout comme eux, tu pourras plaider la médiocrité, mais tu ne nous convaincras pas que tu ignorais qu'il était mal de jouer avec les allumettes.

Ce d'autant plus que tu sors certainement d'une école prestigieuse. Et même s'il s'agit d'une école d'administration, tu dois avoir appris à compter, non ? Alors vas-y, prends un papier et un crayon, on va mesurer l'ampleur des dégâts. Quarante-cinq millions d'internautes en France, que multiplie trente-six connexions par mois, que multiplie deux sites visités par connexion, divisé par dix pour les dix pour cent de probabilité de voir ta diabolique invention, multiplié par douze mois, cela donne près de quatre milliards d'occasions par an de te maudire, toi, l'infâme prescripteur du funeste "bandeau cookie".

Cette petite barre qui s'affiche en haut des sites -je vous fait grâce du calcul du coût de développement de cette idiotie sur les dizaine de milliers de sites- a soit disant pour vocation d'alerter le quidam butinant que "ce site utilise des cookies". Ben oui, comme tous les sites, triple buse. "Ah mais au moins, il est informé, le quidam, il pourra pas venir se plaindre". Ben non, quadruple idiot, tu as juste développé chez lui le réflexe pavlovien de cliquer sur les bandeaux sans les lire. grâce à toi, il ne perd pas seulement du temps, il va se mettre à accepter n'importe quoi. Tu as marié le pire de la bureaucratie et du numérique, et en plus, quintuple andouille, tu dois être tout content de ta trouvaille.

Mais tu as commis une erreur : tu as sous-estimé la puissance d'internet.

Je t'ai retrouvé.

Je suis garé devant chez toi, j'attends la nuit. J'ai deux-cent paquets de douze, bien rangés dans le coffre. Je ne me suis pas foutu de toi, tu sais. Que de la marque, des double choco, avec des éclats de nougatine. Alors comme ça tu aimes les cookies, hein ? Et bien tu vas les manger tous, jusqu'au dernier...

PS: j'ai trouvé, depuis ce post, le bandeau cookie ci-après, qui nous rappelle avec sagesse que contre la bêtise bureaucratique, l'humour reste la meilleure arme...