lundi 27 juin 2016

L'art du pitch

Bonjour, je suis Harry Dickhead, fondateur d'ASS Technologies, et j'ai cinq minutes pour vous parler d'une authentique révolution qui sera à la mesure de l'invention de l'alphabet, de l'imprimerie ou d'internet. Et je vous offrirai en conclusion l'opportunité unique de la faire éclore avec nous.

Vous avez lu partout que la tendance digitale est à l'intelligence artificielle. Avec la maturité nouvelle de la reconnaissance vocale, on ne compte plus les techno-gourous qui annoncent une déferlante de nouvelles expériences basées sur les réseaux de neurones et l'apprentissage profond, sur l'analyse des données et la reconnaissance de motifs, et sur tout une série de noms barbares qui sont inventés pour vous faire avaler une histoire trop lisse et trop belle pour n'être pas inquiétante.

Nous, chez ASS, on aime partir du client et de sa vie réelle avant d'imaginer nos produits. Fermez les yeux, et pensez un instant aux vraies personnes que vous connaissez. Des parents, des amis d'enfance par exemple. Ça y est ? Maintenant, posez-vous sincèrement la question : combien d'entre elles ont besoin d'un ordinateur premier de la classe qui soit capable de battre le champion du monde de go ? Pour ma part je pense à mon cousin Ricky, à qui on avait offert un jeu de go pour ses douze ans. Croyez-le ou non, il était fou de joie : c'étaient les meilleures munitions à lance-pierre qu'il ait jamais reçues.

Regardons les choses en face : l'intelligence est une chose qui est très surévaluée. Le vrai marché de masse, c'est la bêtise. Oh, je sais ce que vous aller objecter : la bêtise est tellement répandue que sa valeur doit être très faible. Certes, mais c'est précisément là que la puissance de l'informatique excelle.  Avec une valeur unitaire faible mais des volumes gigantesques, le coût marginal nul de nos algorithmes permettra de dégager des profits importants. Et nos frais fixes, contrairement à ceux des géants de la Silicon Valley, ne viendront pas ponctionner ces résultats car, par chance, l'ingénieur idiot est également beaucoup moins cher que l'ingénieur génial ! Or vous pouvez nous faire confiance, nous n'avons embauché que la crème de la crème.

Et il ne s'agit pas là d'une vague promesse : notre technologie est déjà opérationnelle. Mesdames et Messieurs, oubliez les Watson, Siri et autres Cortana, j'ai l'immense privilège de vous présenter Bébert !

(applause)

- Ok Bébert
- ...
- Bébert ?
- Hein ?
- Bébert, comment vas-tu aujourd'hui ?
- On fait aller, mais le temps est pourri.
- Tu t'intéresses à la météo Bébert ?
- Moi ce que je dis, c'est que comme par hasard le climat est détraqué depuis la taxe carbone.
- Et tu penses qu'il y a une corrélation, Bébert ?
- ...
- Bébert ?
- Abraham Lincoln ?
- Tu connais le président Lincoln, Bébert ?
- Non non, mais comme c'était la bonne réponse à la dernière question que je n'avais pas comprise, j'ai tenté ma chance. Mes programmeurs disent que c'est du superficial learning.
- Je comprends. Comment vois-tu la suite pour toi, Bébert ?
- Oh ben moi, tranquille, hein, peinard.
- Bien. Et pour finir, Bébert, as-tu un pronostic pour le match de ce soir ?
- Et bien dans la droite lignée des matchs précédents, face à une équipe à notre portée, je vois un match fermé, eu égard à la motivation d'adversaires qui vont vouloir tout donner sur cette rencontre qui est certainement le match de leur vie. Il nous faudra être patient pour faire sauter le verrou et surtout répondre présent physiquement en milieu de terrain, secteur dont on sait que c'est notre point de fragilité depuis la série de blessures qui nous a malheureusement frappée.
- Merci Bébert, je pense qu'on peut l'applaudir !

(applause)

Et bien cette aventure incroyable, vous pouvez en être aussi. Il vous suffit pour cela d'entrer au capital d'Advanced Synthetic Stupidity dès aujourd'hui, à un niveau de valorisation qui rendra incrédules vos petits-enfants quand vous leur raconterez votre histoire sur le yacht familial dans le soleil couchant de l'océan indien. Les bulletins de souscription sont sous vos sièges, alors faites comme Bébert : ne réfléchissez plus !


mardi 31 mai 2016

D'un Piéplu agile

En ce temps là le chef Shadok était en proie à une très vive contrariété.

En effet, les Shadoks avaient beau pomper, pomper, et pomper encore, ils demeuraient dans le marasme le plus absolu, tandis que leurs voisins, les Gafas de la planète Otiti, connaissaient une période de faste et d'opulence sans précédent.

C'était bien entendu une situation humiliante -et pour tout dire intolérable- pour un Shadok de l'importance du chef Shadok. Il saisit donc le conseil des ministres Shadok, qui constitua aussitôt une commission, laquelle désigna les participants à quatre groupes de travail chargés de trouver des solutions. Les groupes Ga, Bu Zo et Meu arrivèrent en même temps aux mêmes conclusions : il fallait demander un rapport au professeur Shadoko.

Le professeur Shadoko pointa donc son télescope vers la planète Otiti. Les Gafas y avaient fabriqué un grand ordinateur, qui faisait pour ainsi dire tout le travail pour eux. Ainsi, lorsqu'un Gafa voulait quelque chose, par exemple une robe à fleur ou bien un cornet acoustique, il programmait l'ordinateur afin qu'il produise aussitôt une robe à fleur, ou un cornet acoustique. C'était agile, et surtout très pratique.


Le professeur Shadoko fit part de sa découverte au conseil, et les Shadoks décidèrent de se convertir à l'agilité ainsi qu'à l'informatique. Ils firent donc avec une agilité très digne et solennelle l'acquisition d'un ordinateur en tous points semblable à celui des Gafas, afin que l'on voit ce qu'on allait voir.

Puis, de façon méticuleusement agile, fut désigné Shadok programmeur le seul Shadok restant après que les ministres et les membres de la commission et des groupes de travail eurent été confirmés dans leurs fonctions. Suite à cette percée historique, c'était la moindre des choses.

Désormais, lorsqu'un Shadok veut quelque chose, par exemple un chapeau à fleur, il remplit un formulaire agile en quatre exemplaires et les envoie au conseil des ministres, qui en réfère à la commission, qui charge l'un des groupes Ga Bu Zo ou Meu de traiter la demande, laquelle finit par arriver dans la corbeille du Shadok programmeur, qui, complètement débordé, fait à peu près n'importe quoi.

C'est tout pour aujourd'hui.

samedi 30 avril 2016

Holacratie

Ce mois-ci, nous répondons au courrier de Jean-Jacques, un jeune et fidèle lecteur qui nous écrit depuis Bar-le-Duc, dans la Meuse, et qui nous donne ainsi l'occasion de saluer au passage tous les Barisiens.







Chères abeilles,

Je souhaiterais donner dans la modernité au travail, moi aussi, et surprendre mes collègues par des propositions audacieuses et innovantes. J'ai déjà tombé la cravate, mais comme je suis le dernier à le faire, je ne suis pas encore vraiment considéré comme un éclaireur. Or j'ai entendu parler d'une nouvelle méthode de management, encore inconnue ici, appelée l'holacratie. Pourriez vous me dire ce que c'est et ce qu'il faut en penser ?

Bien respectueusement,

Jean-Jacques

Certainement cher Jean-Jacques,  nous nous faisons un devoir d'aider nos abonnés dans la modeste mesure de nos moyens.

L'holacratie* consiste en une nouvelle forme de gouvernance, alternative à la structure hiérarchique traditionnelle, et qui vise à permettre l'adaptation des règles et des rôles de chacun sous l'impulsion de tous les collaborateurs, tout cela selon des modalités très précises et codifiées. Pour vraiment comprendre plus avant l'esprit et le détail de la chose, il y a deux lectures possibles.

La première, que l'on trouve ici, est la constitution holacratique qui énumère les modalités sus-mentionnées. Allez y jeter un œil je vous attends. Allez-y, vous dis-je. Ça y est ? Oui, c'est un peu aride, et pour tout dire, pas très rigolo. Il y avait bien un jeu de mot très piquant à l'article 3, section 5, chapitre 3, alinéa c), mais je pense que c'était le fruit d'une faute de frappe qui a été malheureusement corrigée dans la version 4.0.

La seconde, nettement plus distrayante -sans être non plus à se taper les fesses par terre, il ne faut rien exagérer- est une bande-dessinée que l'on trouve . Elle a le mérite d'expliquer l'origine de la démarche. On retrouve, à partir du chapitre 3, la lourdeur du formalisme proposé dans la constitution, mais les mises en situation sont convaincantes. Sans nier le léger parfum de secte à gourou qui s'en dégage, c'est une production très enrichissante.

Enfin, l'aventure holacratique est assez indéfectiblement liée au destin de Zappos qui la met en oeuvre à une large échelle comme on peut le lire par exemple ici, et qui ouvre une voie dont on ne connaît pas encore tous les écueils, mais qui est rudement attrayante parce que réellement nouvelle.

Nous avons connu une modeste tentative holacratique, pour notre part, avortée car ne faisant que rajouter des réunions et des rôles -et donc du travail- aux collaborateurs, sans remettre le moins du monde en question la gouvernance réelle pré-existante. Il ne suffit pas en effet, de se payer des coachs et des consultants pour se transformer, et les salariés ne sont pas dupes longtemps d'une initiative insincère.

Ce qu'il faut en penser, maintenant, Jean-Jacques, c'est à toi de voir. Mais vois-tu, le changement est une aventure dans laquelle l'équipement n'est pas tout. Pour nager en eau profonde, tu peux t'acheter des palmes, un masque et un tuba. Tu peux ajouter, si tu en as les moyens, la combinaison néoprène, le profondimètre et le scaphandre autonome. Tu peux te rassurer encore avec le gilet gonflable, le sifflet et la balise Argos. Mais à un moment, si tu veux aller plus loin, tu n'y couperas pas : il te faudra lâcher le bord de la piscine.

(*) La vision de l'organisation comme une entité invisible mais vivante et qui impose ses contraintes aux hommes en les faisant éventuellement souffrir pourrait laisser penser que l'étymologie du terme doit à Guy de Maupassant. En fait, non.

lundi 28 mars 2016

Dès l'aube, la lune

J'allais le pas pesant, et le regard plombé,
Me joindre aux forçats du RER B
Qui s'en viennent à l'heure où blanchit le néon
Chaque jour entamer leur sombre migration.

Mon smartphone augmenté de son casque Sony
M'isole d'ordinaire dans un cocon béni
Mais ce matin hélas, la batterie rend l'âme
Et voilà que j'entends le babil des quidams.

Or, le morne brouet que je subis sans joie
Est soudain égayé par la puissante voix
D'une noire matrone qui partage au wagon
Ses contes de bureau d'un ton de baryton.

"Ma chef, je la domine -dit elle avec malice
à la voisine d'en face, sa probable complice.
Elle s'énerve parfois, et alors elle aboie,
Tu sais comme les clebs, les petits chihuahua.

Moi je la regarde, je dis rien, je la dose,
Et elle s'en va genre j'ai oublié quelque chose.
Elle croit me commander, elle se donne des airs,
Mais elle a peur de moi même si elle fait la fière.

Puis d'un claquement de langue qui montre le dédain,
Elle conclut superbe son couplet assassin :
Elle ne peut rien y faire, pour avoir le dessus,
Il faudrait qu'elle commence par faire pousser son cul"

Réjouissante pensée, plus fine qu'elle n'en a l'air :
Est-il si absurde, est-il plus arbitraire,
Qu'à cette hiérarchie qui souvent vous oppresse
Vous puissiez opposer la largeur de vos fesses ?



lundi 29 février 2016

Bureaulithique


- Nous recevons ce soir un érudit comme il y en a peu en surface, grand Siphoncle honoraire, titulaire de la chaire d'Histoire de l'Oratoire du Septentrion, et auteur d'une incroyable série d'ouvrages qui nous font revivre comme si nous y étions l'épopée tumultueuse de l'humanité d'avant la Grande Bascule. Maître Jen Zhi, bonsoir.
- Bonsoir.
- Si vous nous avez fait l'honneur de votre présence, c'est que vous venez d'achever le dernier volume de cette saga, après trois ans de travaux méticuleux. Sans plus attendre, pouvez-vous nous dire de quoi il est question cette fois ?
- Oui, bien sûr. Mon équipe et moi avons eu la chance de découvrir, à cinq courses au large de Tertre, un site pre-GB unique, aussi bien par sa date d'occupation relativement récente, que nous estimons à la première moitié du vingt-et-unième siècle de l'ère précédente, que par son état de conservation incroyable. En fait, si les constructions en sont la partie la plus visible et spectaculaire, ce sont les quantités de documents dont une large part est encore déchiffrable qui ont rendu cette campagne de fouilles exceptionnelle.
- Avez-vous pu déterminer de quel type de structure il s'agissait ?
- Oui, sans aucune hésitation, il s'agissait d'un siège central de ce que nos lointains ancêtres appelaient une Entreprise, une sorte de large structure clanique assez organisée. Nous pouvons, suite à ce travail de trois années, recréer une image fidèle, je pense, de la vie que nos aïeux y menaient.
- Maître, je vous en prie, transportez nous !
- Et bien il faut vous figurer, tout d'abord, une vaste enceinte close de grilles métalliques, à vocation évidemment défensive, qui protégeait des raids fréquents des autres entreprises un espace dénudé nommé le parking.
- Qu'est-ce que cela ?
- Une zone d'entrepôt pour les véhicules automobiles à moteur thermique qui étaient si importants à l'époque.
- Et au sujet desquels vous aviez écrit, suite à une autre découverte, cet essai "Mad Max, témoignage sur l'automobile au troisième siécle pre-GB". Ces engins terrifiants étaient pilotés manuellement, si je m'en souviens bien.
- Absolument. On imagine sans peine la dose de courage qu'il fallait à ces hommes et ces femmes pour rejoindre le site quotidiennement.
- Parce qu'ils ne vivaient pas sur place ?
- Non, de ce que nous comprenons, ils avaient des rythmes très précis et, par superstition peut-être, n'occupaient les lieux que de jour. Une fois leur bruyante et mortelle machine remisée, ils rejoignaient une vaste bâtisse parallélépipèdique de verre et de pierre reconstituée. Ils y occupaient un emplacement déterminé, toujours le même. Cette place disait à elle seul le statut social de l'occupant, avec une corrélation forte entre l'altitude et le rang. Une pratique, soit dit en passant, que partagent beaucoup de grand-singes sociaux.
- Et que faisaient-ils ?
- C'est assez difficile à dire, mais les échanges écrits et oraux codifiés occupaient une large partie de leur temps. Ils produisaient une grande quantité d'écrit. Puis, ils déjeunaient sur place, de façon collective.
- Et ils se reproduisaient sur place aussi ?
- Il ne semble pas, ou de façon très occasionnelle. Il y a à ce sujet un autre paradoxe : de nombreux textes revendiquent la stricte égalité entre les sexes dans l'Entreprise, mais lorsque l'on recoupe soigneusement les chiffres, il semble qu'il n'en ait rien été.
- Et en dehors des repas, ils ne se déplaçaient pas ?
- Si, à intervalles réguliers, ils quittaient leur espace assigné pour se retrouver lors de cérémonies nommées réunions.
- Une sorte de pratique cultuelle ?
- Certainement. La séance commençait par des libations rituelles. Nous avons trouvé, sur des restes de sols textiles de nombreuses auréoles, qui se sont révélées être du café, un breuvage très important dont l'omniprésence alors que sa valeur nutritionnelle est nulle témoigne du caractère sacré.
- Des sacrifices ?
- Nous n'en avons trouvé trace, ou peut-être dans des versions purement symboliques. Ainsi il est fait fréquemment mention d'un supplice dit de "la charrette" qui causait un grand effroi parmi ceux qui l'évoquaient.
- Ces réunions étaient donc uniquement des offices religieux ?
- Cela reste complexe à déterminer. Ce que je puis affirmer avec certitude, après avoir traduit des centaines de compte-rendus détaillés, c'est qu'elles n'avaient aucune fonction directement productive.
- Mais alors, comment survivaient-ils ? Car ils ne connaissaient pas la xamantique, n'est-ce pas ?
- Non, si l'informatique était déjà avancée, ils n'avaient pas atteint ce stade. En fait ces clans-entreprises captaient, comme toutes les castes cléricales ou guerrières qui les avaient précédées, une partie de la production des autres castes. Ce site que nous avons étudié était donc un centre de pouvoir et de contrôle qui devait vendre fort cher sa protection militaire et spirituelle.
- Et bien maître, merci pour cette fascinante plongée dans les âges obscurs. Nous recommandons à tous ceux qui voudrons aller plus loin, et ils sont nombreux j'en suis sûr, la lecture de "Infomax Incorporated, la vie en entreprise au temps du pétrole". Bonne soirée, et au mois prochain, même heure, même clade !


dimanche 31 janvier 2016

Heureux comme Sisyphe

Sisyphe Sport, par Jana Sterbak
A partir de dorénavant, j'attends de vous que vous soyez précisément à l'heure pour notre comité d'équipe du lundi. La direction a en effet négocié un fort rémunérateur contrat publicitaire qui, en contrepartie, nous fait obligation de diffuser, dans les salles de réunion et à intervalle régulier, de brèves réclames. Cela nous demandera donc d'autant plus de rigueur dans le respect du timing. On démarre.

Roâââr. Cri Sauvage, et la jungle est en vous. Cri Sauvage, la nouvelle fragrance, pour nous, les grands fauves.

Nous allons passer en revue les ventes de la semaine, et j'aime autant vous dire que ce n'est pas la joie. En Zac nord, on a tenu pas mal, je dois le reconnaître, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Partout ailleurs ça baisse de cinq à huit pour cent. Je ne sais pas comment vous prévoyez de rattraper ça, mais il va falloir vous creuser le ciboulot et vous bouger les fesses. Quant au secteur sud-est, là c'est le pompon.

Nouveau Kouyak, motorisation hybride, avec HiGreen Control, quatre roues motrices, et système audio 3D+, à partir de 29900€. Nouveau Kouyak, la ville s'efface, à vous les grands espaces.

Petit-Boulu, qu'est-ce qui s'est passé exactement sur le secteur sud-est ? Vous étiez en congés ou quoi ? Non ? Et bien vous auriez dû, ce n'aurait pas été pire. Je ne vais pas pouvoir vous couvrir longtemps mon vieux, il va falloir donner du collier, et très, très, sérieusement. Berthier, ça vous fait rire ? Et bien vous ricanerez peut-être moins fort quand on en sera au consolidé mensuel. D'ici là, mettez à jour votre CV, ça pourrait bien vous servir.

Cassez les codes, brisez les chaînes. Last Hero, blousons et accessoires. Aventurier, séducteur, guerrier. Last Hero, soyez ce que vous avez toujours été. 

Daniel Bell, auteur des "Contradictions culturelles du capitalisme", décrivait cette permanente injonction contradictoire, qui est au cœur de notre système économique, par la formule "réglo le jour, fêtard la nuit". Docile et égocentrique. Salarié subordonné et client roi. Servile et libre. Nous vivons, pour la plupart d'entre nous, cet écartèlement quotidien, et y survivons d'autant mieux que nous développons un sens aigu de l'absurde. Merci mille fois donc aux Monthy Python pour leur si précieux soutien psychologique dans ce bas monde.

Spam, spam, spam, spam.